Découvrez le jargon du cycliste : vocabulaire à connaitre

Lorsque vous discuter vélo avec un passionné, ou lorsque vous allumez la TV pour regarder une course, vous écouterez certainement un jargon cycliste bien spécifique, sorte de vocabulaire réservé aux pratiquants. Des expressions parfois surprenantes, totalement loufoques, mais qui ont un sens et vous permettront de décrypter les discussions des initiés, ou d’épater vos amis lors des sorties cyclos.

Si vous souhaitez arroser les fleurs, fumer la pipe, courir en rat ou encore descendre comme une caisse à savon, suivez notre guide de toutes les expressions du jargon cycliste.

On attaque (de Pierre Rolland) le jargon cycliste avec les lettre A,B,C

Toutes les expressions cyclistes (non exhaustif) que nous avons répertorié dans les lettres A,B,C. Bonne lecture 🙂

Ajuster (arrivée finale)

Lorsqu’on ajuste un adversaire, on vient le devancer, au tout dernier moment sur la ligne. Lorsqu’on se faire ajuster, on perd pour quelques centimètres (un boyau diront les anciens).

Avoir la bise

Lorsqu’on gagne une course. On finit sur le podium et (avant covid), on reçoit une bise. Expression en voie de disparition.
Variante : Avoir les fleurs.

Avaler une bosse

Ce dit d’un coureur qui n’éprouve aucune difficulté à gravir une route pentue. On parle généralement de gros faux plats, côtes ou « petits » cols de 3 ou 4e catégorie.

Avoir la giclette

Lorsqu’on a la giclette, c’est qu’on est prêt à sortir du peloton (ou d’un petit groupe), en attaquant. S’emploie généralement pour les cyclistes qui ont des fourmis dans les jambes.

Avoir la socquette légère

Variante : avoir la socquette en titane.
Ce dit d’un coureur qui pédale avec grande facilité, qui est dans un bon jour.

Astiquer les rivets de selle

Variante : faire le bec de selle
Lorsqu’un cycliste reste assis sur le devant de sa selle. Généralement, il le fait pour gagner quelques Watts (ou par habitude) avec une position peu académique, qui peut faire mal mais qui reste efficace pour certains.
Autre variante (du bon vieux jargon cycliste) : avoir la selle dans le trou du cul

Avoir la pancarte

Expression qu’on a beaucoup entendu ces dernières années concernant Julian Alaphilippe. C’est lorsqu’un cycliste est surveillé par les autres coureurs car il est en forme / favori d’une course.

Avoir du monde sur le toit

Lors d’une chute, vous retrouvez de nombreux coureurs au sol, sur la route, des vélos éparpillés un peu partout.

Avoir une fringale

Lorsque vous ne vous êtes pas assez alimenté. Vous avez un coup de pompe (une grosse faim) et vous n’avez plus de force ni pour attaquer ni pour suivre les attaques. Les fringales surviennent surtout lors des étapes / courses de cotes, en montagne.

Avoir grand

Lorsqu’un cycliste emmène trop de braquets (développement trop important qui le pénalise). Le coureur s’oblige à emmener grand car s’il met une dent de moins, il sait qu’il explosera.

Avoir la pompe

Semblable au coup de fringale (pas la même cause mais les mêmes effets), le coureur qui a la pompe (ou le coup de pompe) ne pourra plus suivre ses concurrents. Il sera lâché, et ne reviendra pas dans le jeu d’ici la fin de course.

Avoir un bon de sortie

Vous avez un bon de sortie lorsque le peloton vous laisse attaquer et/ou prendre une échappée. Lors d’une course par étapes, les coureurs qui ont un bon de sortie sont ceux qui ne sont pas dangereux pour le classement général.

Faire l’avion

Si vous faites l’avion, c’est que vous survolez tous vos adversaires. Vous avez les jambes, vous répondez à toutes les attaques et vous avez tout ce qu’il faut pour gagner la course.

Avoir un braquet d’asthmatique

(Expression non méchante). On utilise cette expression pour dire qu’on n’avance pas / que l’adversaire n’avance pas. Il n’a pas les jambes et ne jouera aucun rôle d’ici à la fin de course.

Avoir tout à droite

Lorsqu’un cycliste à tout à droite, on parle de son braquet (dérailleurs) qui lui confère le plus gros développement possible. Sa chaine est positionnée sur le grand plateau et sur le plus petit pignon à l’arrière.

Avoir tout à gauche

A l’inverse d’avoir tout à droite, le cycliste qui met tout à gauche est soit dans une pente très raide, soit il n’a plus les jambes et finira la course avec beaucoup de mal. La chaine est sur le petit plateau et le plus grand pignon arrière.

Avoir les grosses cuisses

Vous avez les grosses cuisses lorsque vous venez d’enchainer une ou plusieurs courses sur le vélo. Expression explicite qui montre l’afflue de sang présent au niveau inférieur de votre corps.

Avoir les mains aux cocotes

On utilise cette expression lorsque la course n’est pas lancée / pas intense. C’est typiquement le cas de courses par étapes, comme le Tour de France, où le peloton a laissé partir l’échappée et ne cherche en aucun cas à accélérer le rythme.

Avoir le nez dans le cintre

Contrairement au fait d’avoir les mains aux cocotes, lorsque vous avez le nez dans le cintre, c’est que vous êtes à fond, vos mains sont sur le bas du guidon et vous donnez tout pour creuser un écart ou rattraper les cyclistes devant vous.

Avoir le coup de jarret

Indique qu’un coureur est en forme, puissant, et qu’il peut gicler et sortir d’un peloton ou d’un groupe d’échappés pour aller à la gagne.

Assurer un tempo

On parle ici du rythme qu’impose un peloton. Assurer un tempo permet d’avoir un rythme régulier, ni trop élevé ni trop bas, afin d’éviter une attaque / contre attaque, ou de limiter l’écart avec une échappée.

Arroser les fleurs

Dans le jargon cycliste, arroser les fleurs signifie satisfaire un besoin personnel.

Avoir de la laine sous les ongles

Une expression d’un autre temps? On l’utilise encore mais la laine a laissé place depuis longtemps à des matières textiles plus aérées, fines. A l’origine, cette expression signifiait tirer le maillot de son adversaire pour le ralentir et passer devant lui.

Borner

On borne lorsqu’on a accumulé beaucoup de kilomètres sur une sortie. En référence aux bornes kilométriques qui défilent.

Bracasse

Lorsqu’on emmène la bracasse, c’est qu’on a un gros braquet (tout à droite). Des coureurs comme Cancellara, Tom Boonen ou Ganna emmène ou emmenait de la bracasse dans les Contre La Montre.

Becqueter de l’aile

Variante: rétropoussette
Ce dit qu’un coureur cycliste qui bénéficie, dans une montée, de l’aide de sa voiture pour s’appuyer sur une aile (de la voiture) et tenter de relancer le rythme. Geste bien évidemment puni si les commissaires de courses le voit.

Bruler le ravitaillement

Lors d’une zone de ravitaillement (il y a toujours un ralentissement général pour attraper la musette et éviter de tomber), on le brule lorsqu’on profite de ce ralentissement pour attaquer et tenter de prendre le large.

Bec de selle

Nous en avons déjà parlé avec le jargon « astiquer les rivets de selle ». Le bec de selle signifie que vous êtes positionné très en avant sur la selle de votre vélo. Soit par habitude soit par impression de gagner un peu de puissance sur les pédales. Position très inconfortable à long terme.

Bordure

Les effets de bordure sont provoqués par un fort vent latéral et un changement de configuration de route. C’est typiquement le cas lorsqu’on passe d’une route boisée à une route de plaine, très exposée au vent de côté. Les équipes qui veulent provoquer une bordure roulent à bloc, au devant de la course.

Buis

Lorsqu’on prend un coup de buis, c’est qu’on n’est plus dans le jeu. D’un seul coup, les jambes ne répondent plus, impossible de suivre le rythme des meilleurs.

Basculer

Rien à voir avec la fameuse bascule de France Télévisions. Ici, on parle d’un changement radical de rythme en basculant en haut d’un col, vers une descente longue et pentue.

Boucher un trou

On parle ici de combler (rapidement) une distance entre deux coureurs ou plus. Généralement, lors d’une attaque, les coéquipiers des leaders essayent de boucher les trous avec d’éventuelles attaques des adversaires.

Bouts droits

Lorsqu’un coureur tire des bouts droits, c’est qu’il roule à forte vitesse pendant plusieurs kilomètres sur des routes droites et dégagées, sans relais. Il s’agit soit d’un gros rouleur qui essaye de prendre du temps dans une échappée, ou alors d’un co-équipier d’un leader qui veut maintenir un gros rythme avant un sprint ou une attaque de son leader.

Courir en rat

L’expression ne donne pas envie, et vous allez comprendre pourquoi. Courir en rat c’est profiter du travail des autres (en ce cachant) pour ensuite les griller lors d’un sprint ou lors d’une montée.

Courir comme un 3 (ou comme un 4)

C’est une expression du jargon cyclisme professionnel qui n’est plus vraiment utilisée de nos jours, et qui dénigrait ceux qui ne savaient pas courir. L’expression comme un 3, ou 4, exprime en fait les catégories amateurs dans le cyclisme de l’époque.

Coup de cul

On utilise cette expression lorsque la route s’élève d’un seul coup, pendant une faible distance. Cette élévation nous oblige normalement à nous lever le « cul » de la selle, d’où l’expression.

Chasser la canette

Lorsqu’un coureur a (très) soif et demande un peu partout (adversaires, spectateurs, moto ravito, etc) de quoi boire. On utilise cette expression principalement sur les courses ayant de forts pics de chaleur.

Casse pattes

On parle d’un parcours casse pattes lorsqu’il est continuellement en montées ou en (courtes descentes), virages, faux plats et jonché de petites bosses. Les parcours casses pattes ne permettent pas aux coureurs de récupérer, d’où le nom.

Chaudière

Un mot du jargon que l’on aimerait bien ne jamais utiliser sur les courses cyclistes. On dit d’un coureur qu’il est une chaudière lorsqu’il est soupçonné d’être dopé.

Coincer

Un cycliste coince lorsqu’il à une défaillance. Il n’a pas encore « exploser » mais il ne peut suivre le rythme des meilleurs.

Client

Un client, lors d’une course de vélo, désigne un des favoris à suivre, un des coureurs capables de gagner l’étape ou l’épreuve.

Chasse patate

Largement utilisée par les commentateurs de toutes chaines, le coureur en chasse patate est positionné entre deux groupes : les échappés et le peloton. Lorsqu’on utilise l’expression, ce n’est généralement pas bon signe pour le cycliste qui doit rapidement rejoindre le groupe de devant sous peine de faire de nombreux efforts inutiles.

Caisse à savon

Nous espérons qu’on ne vous a jamais dit que vous descendiez comme une caisse à savon. Terme péjoratif du jargon cycliste qui signifie que vous êtes un mauvais descendeur. Pas besoin de vous faire un dessin avec l’analogie de la caisse à savon…

Courir à la musette

Un coureur qui court à la musette est un cycliste qui n’a pas de contrat à l’année, et qui est utilisé pour une ou quelques courses. Cette expression n’a plus lieu d’être puisque c’est aujourd’hui impossible d’avoir ce type de coureur pour une course.

Chatouiller les pédales

Un cycliste qui chatouille les pédales est en très grande forme, il est facile, et risque de peser sur la course. On peut également dire qu’il vole les pédales.

Caillasse

Lorsqu’on roule dans la caillasse, on roule sur les bas côtés, généralement à cause d’une bordure (on ne souhaite pas lacher la roue devant nous et rester le plus possible protégé du vent).

Compter les pavés

On compte les pavés lorsqu’on n’a aucune énergie pour rouler et peser sur une course. Un coureur peut compter les pavés après une fringale par exemple. Tête basse, il n’arrive plus à avancer (rapidement) et a le temps de contempler la route.

Carafe

On dit d’un coureur qu’il est en carafe (on peut aussi utiliser l’expression en rideau). Cela signifie qu’il est loin des meilleurs, qu’on ne le reverra plus aux premiers postes.

Cerise

On dit d’un coureur qu’il s’est refait la cerise lorsqu’il a récupéré, qu’il a trouvé un second souffle et qu’il peut à nouveau peser sur la course après un gros « moins bien ».

Contrer

Un cycliste qui part en contre répond à une attaque par une autre attaque. Généralement, le contre est particulièrement efficace lorsque le cycliste que vous contrer vient de de griller sa cartouche.

Cartouche

On dit d’un cycliste qu’il grille sa ou ses cartouches lorsqu’il tente, sans réussite, de sortir du peloton ou d’un petit groupe en attaquant.

Chacal

On parle de chacal ou coup de chacal quand un coureur attaque dans la toute fin d’une étape dans laquelle il ne s’est pas montré et n’a pas spécialement participé.

Carré

Pédaler carré signifie qu’on n’arrive pas à trouver un bon rythme, on a l’impression que le pédalier n’est pas rond et que le coup de pédale n’est pas fluide.

Course à la pédale

Course qui va se jouer à la cuisse, le plus fort gagnera sans grande considération stratégique.

Découvrez le jargon cycliste pour les lettres D,E,F,G et H

Diesel

Un cycliste qu’on qualifie de diesel est un coureur qui tient un rythme constant mais qui manquera de punch quand la course le demandera. Il ne pourra pas gicler comme peuvent le faire un Julian Alaphilippe ou un Roglic.

Drapeau

Lorsqu’on fait le drapeau, on ne prend aucun relai et on est à l’arrière de course ou d’échappée. Généralement, le coureur ne peut tout simplement pas faire mieux (ou alors il court en rat).

Danseuse

Expression qui finalement n’est plus un jargon cycliste spécifique. Tout le monde l’utilise. Se mettre en danseuse c’est se tenir debout sur ses pédales. Vous mettez plus de poids et de tonicité, ce qui vous permet d’augmenter votre rythme de pédalage et vos Watts.

Déboiter

Un cycliste qui déboite (on utilise ce terme également en automobile), prend brusquement une direction parallèle au reste du groupe (souvent en partant de l’arrière), pour les attaquer. On déboite lorsqu’on veut attaquer brusquement et surprendre ses adversaires.

Dur

Un cycliste qui est dans le dur n’est pas loin d’exploser. Il peine à suivre le rythme, est à la limite de ce qu’il pourra continuer à donner et va irrémédiablement se retrouver en zone rouge ou alors être lâché.

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